Vacances en Croatie : soleil, plage, charme des vieilles villes. Il est évident que l’appareil photo va chauffer. Mais attention : tout ce qui paraît pittoresque ne doit pas être photographié sans réfléchir. En Croatie, il existe certaines choses qu’il vaut mieux ne pas prendre en photo, pour des raisons juridiques, culturelles ou très pratiques. Et certaines de ces règles ne s’appliquent pas uniquement aux professionnels équipés d’un reflex, mais aussi à vous, avec votre téléphone dans le maillot de bain.
1. Installations militaires et postes-frontières
Cela ressemble à de la paranoïa des années 90, mais le sujet reste d’actualité. Quiconque photographie des casernes, des antennes radio équipées de caméras ou des postes-frontières risque :
- Une conversation avec la police
- La confiscation de son téléphone
- Dans le pire des cas : une plainte pour « soupçon d’espionnage »
Même les anciennes installations abandonnées sont souvent encore officiellement des « zones militaires interdites ». Certaines sont difficiles à reconnaître, comme de vieux bunkers sur la côte ou des stations de transmission en montagne. Si vous voyez un panneau « Zabranjeno fotografiranje », rangez l’appareil photo !
2. Maisons privées et villas
Les villas modernes du littoral sont séduisantes, mais tous les propriétaires n’apprécient pas les touristes équipés d’un appareil photo. Dans certaines localités comme Krk, Brela ou Poreč, photographier les maisons d’autrui est perçu comme une provocation . La prudence est particulièrement recommandée pour les constructions neuves, les projets de luxe ou les transformations illégales.
Certains investisseurs font même surveiller leurs chantiers par caméra, non pour protéger la maison, mais pour identifier les « curieux ». Quiconque photographie à travers une clôture avec un téléobjectif risque davantage que de mauvais regards.
3. Les habitants, sans leur demander
Aussi aimables que soient généralement les Croates, braquer simplement son objectif est irrespectueux . Les personnes âgées et les enfants, en particulier, ne doivent jamais être photographiés sans leur consentement . Même sur les marchés ou dans les cafés, la règle est simple : demander ne coûte rien, éviter les ennuis coûte encore moins.
De nombreux Croates âgés, surtout à la campagne, trouvent intrusif d’être photographiés sans autorisation. Dans certaines régions circule même la superstition selon laquelle une photo « vole l’âme » – oui, vraiment. Un sourire et la phrase « Smijem li slikati? » suffisent souvent à détendre la situation.
4. Plaques d’immatriculation & opérations de police
Vous voyez quelque chose d’intéressant, par exemple une contravention sur une voiture, une opération de police ou un contrôle ? Laissez tomber. Les plaques d’immatriculation sont des données personnelles et filmer ou photographier des opérations de police peut rapidement vous attirer des problèmes. Surtout dans les zones rurales ou lorsqu’il s’agit de véhicules « particuliers », par exemple munis d’autocollants administratifs.
Les opérations de remorquage ou les perquisitions dans les régions touristiques sont également traitées avec une sensibilité croissante. Ceux qui filment sans y être invités risquent que les agents leur demandent d’effacer les images – ou pire.
5. Chantiers et scandales immobiliers
Piscines illégales, remblais ajoutés après coup, « appartements en sous-sol » : vous connaissez le jeu. De nombreux investisseurs réagissent toutefois avec hostilité lorsque quelqu’un documente leurs projets. Ici aussi, des photographes curieux ont déjà été menacés.
Il n’est pas rare que des pilotes de drones soient interpellés ou même dénoncés lorsqu’ils survolent des constructions neuves. La situation est particulièrement sensible si l’image finit ensuite dans un groupe Facebook ou sur un site « watchdog ». Certains y voient une attaque.
6. Lieux religieux, surtout pendant les cérémonies
Églises, chapelles, cimetières : la Croatie est traditionnellement catholique et les habitants les plus âgés, en particulier, considèrent comme irrespectueux de photographier pendant une messe ou des funérailles.
Même si vous pensez être assez loin, le fait que quelqu’un remarque que vous photographiez une assemblée en deuil ou un rite religieux peut provoquer des scènes désagréables. Certaines églises affichent même explicitement des panneaux interdisant les photos.
Conclusion :
Photographier est autorisé tant que vous ne blessez, n’exposez ni ne provoquez directement personne. En Croatie, cependant, le principe suivant s’applique souvent : moins, c’est mieux et un sourire accompagné d’une question en croate comme « Smijem li slikati? » (« Puis-je prendre une photo ? ») vous mènera généralement plus loin.
Avez-vous déjà eu des ennuis parce que vous aviez photographié quelque chose de « mauvais » ? Racontez-le dans les commentaires !
